Confidences d'Alex

Chronique de la sexualité du jeune Alex. La sexualité ambigüe de son adolescence, ses inhibitions, ses interrogations, ses rêves, ses fantasmes, ses délires, ses aventures, ses expériences.

30 octobre 2009

120 Leçon de piano ( 9° partie )

Voilà. Je ne peux plus revenir en arrière. Nous avons donné libre cours à notre amour. Nous nous sommes dit les mots les plus tendres. Nous nous sommes jetés dans les caresses à en perdre la raison. Nous avons laissé exploser nos cœurs et nos corps, qui avaient tant et tant à se dire…
Pourquoi alors suis-je si désemparé ? A la fois heureux et terriblement tourmenté ?
En fait j’ai un terrible sentiment de culpabilité.
Coupable, je me sens coupable d’amour.
Pourquoi cette culpabilité ? Parce qu’il a seize ans, qu’il est lycéen, que je l’ai laissé s’amouracher de moi, et que je me suis laissé aller à l’aimer, moi, le type professionnellement installé qui a largement passé la trentaine. Où vais-je l’emmener, ce gamin ?

J’ai bien tenté d’étouffer cet amour que je sentais naître en moi. Non, il ne faut pas mentir, je n’ai pas tenté grand-chose. Je devrais plutôt dire que j’en ai été complice. Les considérations morales ont fait long feu face aux assauts incontrôlables des sentiments, et leurs résurgences n’ont été que passagères. Quant aux repoussoirs que j’ai essayé de mettre devant ce corps tant désiré, ils étaient voués à la défaite. Je me suis naïvement mis à me complaire dans les descriptions des alchimies internes de ce corps convoité, dissimulées par cette peau si fraîche et si appétissante. Me les décrire jusqu’au dégoût. N’ai-je pas visionné jusqu’à la nausée les transmutations qui s’opéraient dans son estomac et ses intestins. Tous ces cadavres d’animaux et de végétaux qu’on appelle nourriture, qui, certes, donnent de la matière vivante et de l’énergie, mais se transforment aussi en boue brune malodorante, moulée en cylindres qui sortent en se lovant et fument encore des cuissons subies dans les boyaux. Les officines dirigent l’autre partie de l’inutile des digestions vers la vessie qu’elles remplissent d’un fluide ammoniaqué et nitré, moins puant que la purée postérieure mais néanmoins repoussant. Je passe rapidement sur les autres excrétions du corps peu ragoûtantes, comme la morve et la sueur. Pourquoi faut-il que les régions du corps les plus agréables à fréquenter soient celles où siègent les puanteurs ? Pourquoi les zones les plus érogènes sont-elles celles qui font office d’égouts ?

Rien à faire. J’avais beau inventer les images les plus sordides, les plus répugnantes, convoquer les odeurs les plus vomitives, rien ne parvenait à m’empêcher de désirer cette chair en plein épanouissement. C’était devenu une évidence : j’étais amoureux et je m’interdisais de l’être tout en sachant que je succomberais à cette tentation de l’amour.
Il suffisait que je le voie pour que mes bonnes résolutions fondent comme neige au soleil. D’autant plus que j’avais remarqué que je ne lui étais pas indifférent du tout, et qu’il ne venait pas seulement pour jouer sur mon Steinway et recevoir quelques encouragements. Il s’était établi entre nous une connivence qui allait bien au-delà de l’entraînement musical.
Il suffisait qu’il rentre chez lui pour que je me mette à m’interroger, non sur le bien-fondé de ces leçons de piano, mais sur l’aventure dans laquelle je risquais de le plonger si je donnais libre cours à mes pulsions sentimentales et qu’elles étaient, comme je le pressentais, reçues avec toute la fougue de la jeunesse. Et puis tout simplement je m’apercevais que je ne pouvais pas me passer de ses visites.

À suivre ...

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28 octobre 2009

En attendant la suite des "Leçons de piano" :

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26 octobre 2009

Intermède : couple 6

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24 octobre 2009

Intermède : couple 5

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22 octobre 2009

120 Leçons de piano ( 8° partie )

─ Alex
─ Quoi ?
─ Tu sais, ne crois pas que j’aie l’habitude. C’est la première fois. Je sais pas ce qui m’arrive. J’ai toujours envie d’être avec toi. J’ai jamais aimé un garçon, je sais pas ce qui m’arrive. C’est pas pour le sexe, c’est juste pour être dans tes bras. J’ai besoin de toi.
─ Raphaël, mon grand, figure-toi que j’ai su, quand je t’ai rencontré, que j’allais être amoureux de toi. Mais je m’en défendais, je ne m’en donnais pas le droit.
─ Mais pourquoi ?
─ J’ai plus du double de ton âge. Tu dois trouver le bonheur avec des jeunes de ton âge, pas avec un vieux comme moi.
─ Tu rigoles ? La plupart des jeunes de mon âge, je les trouve cons. Je préfère toi, le vieux ! Mais…
─ Quoi ?
─ Il ne faut pas que mes parents sachent. Mon père me tuerait. Il est terrible là-dessus. Il tient des propos qui m’ont déjà pas mal révolté et fait souffrir.
─ Je m’en doute, tel que je le connais ! Tu as raison, il ne doit pas savoir.
─ Tu sais, j’ai hâte de me casser. Ils sont intolérants sur tout.
─ Tu as seize ans, il faudra attendre encore un petit peu. Et puis il faut te dire que c’est leur façon de t’aimer, ils veulent que tu sois comme eux.
─ Jamais ! Je ne serai jamais comme eux.
─ Tu es leur fils unique, ils mettent tous leurs espoirs en toi…
─ Il y a autre chose.
─ Dis-moi.
─ Je n’ai jamais fait l’amour avec un homme, je ne sais pas faire, et ça me fait un peu peur.
─ Ne t’inquiète pas, il n’y a pas à savoir. Quand c’est le cœur qui parle il n’y a qu’à laisser le corps faire ce qu’il veut.
─ Mais…
─ Quoi ?
─ Il paraît qu’au début ça fait mal.
─ Qu’est-ce qui fait mal ? De s’aimer ?
─ Non. Tu vois bien ce que je veux dire… pour être complètement à toi… pour être enculé, quoi. Je ne suis pas sûr d’avoir envie.
─ Mon petit Raphaël, s’aimer, ce n’est sûrement pas se faire mal. Et puis tu ne feras que ce que tu auras envie de faire. C’est toi qui décideras, toujours.
─ Et toi, tu aimes ?
─ Tu verras bien.
─ Justement, je ne sais pas si je saurai que tu aimes ou si je ne cherche que mon propre plaisir.
─ Ne te pose pas toutes ces questions, tout se fait naturellement. Regarde comme ton corps a envie du mien, ça se sent, non ? Et vois comme il aime les caresses. Il les aime autant que moi j’aime lui en donner. Et tu ne veux pas savoir comme le mien a envie du tien ?
─ Si. Je m’en doute déjà parce que je le sens à travers tes vêtements.
─ Alors déshabille-moi.

À suivre ...

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20 octobre 2009

Intermède : couple 4

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19 octobre 2009

120 Leçons de piano ( 7° partie )

C’était bien lui. Mais dans quel état !

─ Qu’est-ce qui t’es arrivé, tu es couvert de boue ? Tu as eu un accident ? Tu n’es pas blessé au moins ?

Dans mon affolement je m’étais transformé en vraie mère poule.

─ Non, non, pas de panique. Quel temps de merde ! T’as vu que dans la rue d’à côté, il y a des travaux ? Eh ben un salaud est passé à toute berzingue dans une flaque de boue pour m’éclabousser. Il a bien réussi ce fumier.
─ Bon, alors ce n’est pas grave, je suis rassuré. Tu vas changer de vêtements, je te passerai des miens, et tu vas prendre une bonne douche bien chaude.

Je l’emmenai dans ma chambre. C’est une chambre d’architecte célibataire, elle me sert aussi de bureau et la salle de bain y est incorporée, derrière le panneau de tête de lit, sans cloisons. La douche, au fond à droite, n’est qu’en partie fermée par une paroi de verre clair.

─ Le dressing est là-bas. Tu choisis ce qui te plaît, et ce qui te va. Il y a peut-être un peu de désordre, alors n’hésite pas à piocher.

Raphaël commença à se déshabiller. Comme je restais là planté devant lui, il eut un moment d’hésitation pour déboutonner son jean. C’est alors que je réalisai que j’aurais dû avoir déjà quitté la pièce pour ne pas le gêner.

─ Je te laisse, prends tout ton temps.

J’étais assez excité de le savoir se mettre nu, chez moi, dans ma chambre. J’avais oublié de lui donner une serviette de bain. Non, il ne faut pas que je raconte des histoires : j’avais volontairement oublié de lui donner une serviette de bain. Aussi lorsque les bruits d’eau cessèrent, je m’avançai vers la douche en tendant devant moi, au dessus de ma tête de manière à ne rien voir (hélas !), un grand drap de bain.

─ Viens te sécher.

Je reçus dans les bras une masse que j’enveloppai de la serviette, m’apprêtant à partir.
C’est là que se produisit l’inespéré : la masse se dégagea en partie du drap et m’enserra. Puis la serviette glissa au sol et j’eus Raphaël tout nu dans mes bras, avant même d’avoir pu voir son jeune corps.
Je posai mes lèvres sur les siennes, doucement, longuement, sans y mettre une passion dévorante mais une infinie tendresse. Je me sentis envahi par un inestimable bonheur. Il se libéra.

─ Alex, pardon. Je ne voulais pas. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je suis désolé…
─ Tais-toi. Profitons de cet instant merveilleux, il y a si longtemps que je l’attendais.
─ C’est vrai ? Tu veux bien de moi ?
─ Je t’aime.

À suivre ...

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16 octobre 2009

Intermède : couple 3

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15 octobre 2009

120 Leçons de piano ( 6° partie )

Je me refusai à commettre l’indécence de me montrer les choses comme elles étaient. Et pourtant c’était un état de fait, il fallait bien me rendre à cette évidence : j’étais amoureux d’un adolescent.
J’en fus extrêmement perturbé, car je ne me sentais pas le droit, bien que n’étant pas un parangon de vertu, et ayant flirté avec ce que la morale réprouve, de faire prendre à ce garçon les risques d’un amour qui, révélé ou découvert, serait accablé d’opprobres.
Et puis il n’était pas écrit qu’il eût pour moi un élan de même nature, ni qu’il eût une attirance pour des plaisirs charnels un peu moins habituels que les autres, abordés furtivement sans doute, gardés secrets, et, peut-être bien, combattus. Les signes que je percevais, qui me donnaient tous les motifs de croire que je lui étais cher, et qu’il avait une attirance pour les corps semblables au sien, n’étaient peut-être que des illusions de mon imagination.
Bien qu’un violent désir de le prendre dans mes bras se soit emparé de moi, je savais d’avance que je n’y céderais pas, à moins qu’une occurrence imprévue vienne vaincre ma résistance et qu’alors je saurais que je m’y abandonnerais. Le geste irréversible, s’il fallait qu’il y en eût un, je me promis qu’il ne viendrait pas de moi, mais de lui.

Cet orage était vraiment mal venu, à l’heure de notre rendez-vous. Il allait me priver de lui et gâcher ma soirée.
Je me replongeai dans la lecture de L’œuvre au noir : « son détachement en amour ─ il s’agit du héros de ce roman, Zénon ─ lui évitait à la fois les erreurs dues à la crainte d’être déçu, et celles qui résultent de la hâte d’être satisfait ». Quand je pense qu’il y a des gens qui ont cette chance d’être détaché en amour ! Evidemment c’est un personnage inventé par Marguerite Yourcenar, et qui vit au XVI° siècle, mais il est tellement vraisemblable et humain que je lui accorde un crédit de réalité. Eh bien moi je n’y arrive pas, à être détaché en amour. Au contraire je m’envole aussitôt, mon cœur palpite, et le moindre signe de réciprocité, ou ce que je prends pour tel, me met la tête dans les étoiles. Quand je dis que je m’envole c’est une façon de parler, parce que j’ai l’impression d’être au contraire aussitôt attaché, avec des liens suffisamment serrés pour que j’aie la sensation, douce, ô combien douce, d’être prisonnier.
Mon sentimentalisme galopant m’avait joué suffisamment de tours pendables, ou le pendu n’était autre que moi-même, pour que je m’efforce de le contenir à l’intérieur de frontières raisonnables. Mais ce terme « raisonnable » n’est-il pas en contradiction avec les violents désirs induits par mes sentiments ?
Le « raisonnable » eût voulu que je renonce à ces leçons de piano, qu’elles cessent immédiatement avant que le feu soit mis à la mèche. Etant donné l’état dans lequel je me trouvais parce qu’il ne viendrait pas ce soir, à cause de l’orage, il était fort douteux que je parvienne à m’imposer un tel renoncement. Non, décidément, je ne pourrais m’y résoudre. D’ailleurs Raphaël ne comprendrait pas ce retournement d’attitude, et cet abandon aurait des effets dévastateurs au moment des interrogations de l’entrée dans l’âge adulte. Et puis j’avais un projet pour lui, ô encore incertain, et semé d’embûches, mais qui aurait l’heure de l’enthousiasmer. Et puis, et puis pour l’instant je ne pouvais pas me priver de le regarder, d’être près de lui, de respirer son odeur vivifiante, de l’entendre jouer, de sentir dans son jeu sensuel et émotionnel un message à mon intention, de boire les mots sortant de ses belles lèvres et les imaginant mots d’amour.

L’heure de notre rencontre était passée de dix longues minutes quand un coup de sonnette retentit.
Etait-ce possible que ce soit lui ?

À suivre ...

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13 octobre 2009

Intermède : couple 2

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