31 août 2009
119 Le monde de Iony ( 5° partie )
Je lui racontai mon rêve, sans mentionner les remarques qu’il m’inspira. Quel ne fut pas mon étonnement de voir ses yeux s’embuer. Iony était au bord des larmes. Je m’approchai de lui et le pris dans mes bras comme on console un enfant qui a du chagrin. Il se laissa faire et pleura doucement sur mon épaule. Je n’osai lui poser la moindre question, le laissant écouler une peine dont j’ignorais totalement la raison. J’étais triste de le voir ainsi malheureux et en même temps je me réjouissais qu’il s’abandonnât dans mes bras et me livrât une souffrance intérieure. Sans doute me dirait-il, un jour, ce qui faisait saigner son cœur, quand il aurait totalement confiance en moi, ou, espérais-je, quand il manifesterait à mon égard des sentiments auxquels j’aspirais de toutes mes forces.
Nous nous fréquentions depuis maintenant trois mois, et mon attachement, devenu d’abord une tendre affection, puis bien davantage, était en fait un sentiment dont je ne me cachais plus qu’il était d’amour. Moi qui d’ordinaire avais tendance à railler le sentimentalisme romantique échevelé, j’avais l’impression d’être tombé dans ce piège et de m’en délecter.
Ma délectation était néanmoins un peu douloureuse car j’ignorais si mes sentiments amoureux rencontraient un écho chez ce jeune musicien. Je n’osais lui en parler, par crainte d’être déçu et de le perdre à tout jamais. J’étais devenu aussi timide et réservé que lui et je ne me reconnaissais pas.
A peine était-il parti, après l’une de nos rencontres, qu’il me manquait déjà. Et je faisais défiler tout ce qu’il avait pu me dire, tout ce qu’il avait suggéré, ou que j’interprétais comme tel, tous les signes, mêmes infimes, signifiant son attachement. Je m’efforçais de retrouver la musique qu’il m’avait jouée, quelque fois plus enjouée que celle de Sainte Colombe, et je notais avec plaisir que son regard allait de moins en moins vers un inaccessible lointain et se posait parfois sur moi avec, croyais-je, un reflet de tendresse.
Hélas j’avais l’impression qu’il vivait dans un monde qui m’était inaccessible. Il ne pouvait se passer de musique et dès qu’il me quittait il remettait ses écouteurs dans les oreilles et semblait se couper du monde. Il vivait dans une sorte de thébaïde musicale, un bastion inaccessible à qui ne faisait pas partie de son microcosme.
J’aimais découvrir avec lui des compositeurs que je ne connaissais que de nom, ou dont je n’avais jamais entendu parler parfois, des sopranes merveilleuses, des ténors remarquables. Petit à petit je parvenais à distinguer les différentes tessitures de voix et le parti pris, le style des chanteurs. Tout à coup il détachait de son oreille un écouteur et il me le tendait :
─ Ecoute ça, c’est magnifique !
J’adorais ces instants où nous étions, l’un tout près de l’autre, unis par la musique. Je priais pour que le passage musical durât une éternité. Plus que la musique, ce que je goûtais surtout était cet instant privilégié où j’étais presque contre lui. Le « presque » est d’importance car si nous nous effleurions parfois, je n’osais le toucher vraiment de crainte de rompre le charme de sa proximité. Ce geste tant de fois imaginé, tant de fois promis, que je ne parvenais pas à faire : le prendre dans mes bras et l’embrasser. Au moment décisif j’étais comme paralysé par la peur de détruire ce qui était manifestement de sa part une profonde amitié.
À suivre ...
28 août 2009
La phrase du jour
De tous ceux qui n'ont rien à dire,
les plus agéables
sont ceux qui se taisent.
Coluche
27 août 2009
119 Le monde de Iony ( 4° partie )
Mais qu’est-ce qui m’attachait ainsi à ce cousin que je connaissais à peine ? Un garçon assez énigmatique, d’une sensibilité exacerbée, qui semblait s’être trompé d’époque.
D’habitude, si l’on peut parler d’habitude car les occasions furent relativement rares, c’était d’abord une attirance physique, un trouble des sens, un émoi charnel, qui me poussaient à entreprendre une relation. Après, bien sûr, j’entendais que naissent des sentiments et une sorte de communion, dans le respect mutuel du caractère de chacun. En fait je n’ai jamais vraiment analysé, mais au départ il y avait toujours cette sorte d’aimantation physique. D’ailleurs, n’en est-il pas toujours ainsi ? Eh bien avec Iony il en allait tout autrement.
Je ne crois pas que ce qui m’attirait chez ce garçon fût son métissage, ce mélange de races et de civilisations, de croyances et de rites. Je ne m’étais jamais soucié de généalogie et avais particulièrement négligé la mienne. Néanmoins ce descendant de la traite des noirs dans laquelle, peut-être, certains de mes ancêtres avaient été impliqués, ne me laissait pas indifférent.
Ce n’était pas non plus son côté anachronique qui me portait vers lui. Je trouvais même dommage qu’il ne profitât pas de toute l’offre à sa jeune existence dans cette fin du XX° siècle. Rien ne semblait l’intéresser en dehors de cette musique baroque jouée sur des instruments anciens. Le cinéma l’ennuyait, la musique qu’écoutaient les jeunes de son âge lui écorchait les oreilles, les revendications des lycéens et des étudiants le laissaient indifférent, alors ne parlons pas des boîtes et des raves parties ! Je le soupçonne d’avoir aussi laissé son corps en jachère, et négligé les appels pourtant pressants d’une sexualité en plein essor. Sans doute n’a-t-il pas connu de filles, trop timide, trop réservé, trop pudique, trop sentimental pour se laisser aller à une aventure sans lendemain. Ou alors peut-être a-t-il eu une grosse déception pour que ses yeux noirs s’emplissent parfois d’une ombre d’amertume.
Il est venu dans mon rêve. Nous étions dans son île et nous marchions depuis plusieurs heures sur les épanchements de lave du volcan de la Fournaise. C’était une zone interdite, parce que la lave n’était pas encore refroidie en épaisseur et que la croûte pouvait s’affaisser sous le poids de nos corps. Le sol fumait à de nombreux endroits où des fissures laissaient s’échapper l’haleine des profondeurs. Parfois nous longions un petit cratère qui nous ouvrait sa béance sur le cœur de la terre. Comme pour nous attirer, sa gueule se parait de mille couleurs qui miroitaient sous le soleil avec des éclats d’or et des brillances argentées. Dans ce paysage de fin de monde il y avait une beauté étrange qui nous émerveillait et que nous recevions comme un don du destin. Une impulsion qui sommeillait en nous à notre insu nous précipita dans les bras l’un de l’autre. L’étreinte fut d’une telle intensité que nous ne faisions plus qu’un et qu’il parût impossible désormais de nous désunir. Nous étions nus et nos corps enlacés fusionnaient comme le faisait la nature sous nos pieds. Ce n’était pas seulement une union charnelle, c’était, bien au-delà d’une jouissance des sens, une véritable communion qui ouvrait notre cœur et notre âme à une illumination.
Ce rêve était allé au-delà de mon imagination. En général, quand je rêvais éveillé de relations amoureuses, ma libido se complaisait à des descriptions avantageuses de corps souples et musclés, de beaux visages avenants, de sexes ardents et performants, et aussi de sentiments, mais sans doute moins fondamentaux que le vertige physique. Il montait alors en moi une excitation à laquelle, d’une manière ou d’une autre, je devais mettre un terme.
Rien de tel ici, ce n’était pas une attirance physique qui m’avait projeté dans ses bras, c’était quelque chose de beaucoup plus puissant encore, une force inconnue et bien supérieure au désir de la chair. Je me réjouis que pour une fois j’aie pu garder une probité, une pureté à une union amoureuse, fût-elle virtuelle et inconsciente.
À suivre ...
26 août 2009
La phrase du jour
Le rire n'est jamais gratuit :
l'homme donne à pleurer,
mais prête à rire.
Desproges
25 août 2009
La phrase du jour
L'amour...
Il y a ceux qui en parlent,
Et il y a ceux qui le font.
A partir de quoi
Il m'apparaît
Urgent de me taire.
Pierre Desproges
24 août 2009
119 Le monde de Iony ( 3° partie )
─ Donc tu joues de la viole. Je t’avouerai que je ne connais pas bien.
C’est un instrument très ancien ?
─ C’est un merveilleux instrument. La viole de gambe dérive du rebab arabe, apporté en Espagne par les Maures vers le VIII° siècle. Elle a eu ses heures de gloire, puis a été supplantée par le violoncelle. Elle a fini par disparaître quand le violon, à l’origine un instrument de rue et de cabaret, comme l’accordéon actuellement, prit peu à peu ses lettres de noblesse. La révolution française, jugeant la viole trop aristocratique, contribua à sa disparition. Mais le récent regain de faveur pour la musique baroque l’a remise au goût du jour, et le film Tous les matins du monde d’Alain Corneau, avec le fameux violiste Jordi Savall, a contribué à sa nouvelle popularité.
─ Tu en parles en connaisseur. Et que joues-tu sur cette viole de gambe ?
─ Sainte-Colombe, Marais, Forqueray, Abel, Couperin, Lully,…
─ J’aimerais bien t’entendre. Tu jouerais pour moi ?
─ Oui, bien sûr, avec plaisir.
Nous convînmes qu’il viendrait chez moi le lendemain en fin d’après-midi, à 18 heures 30.
Il arriva ponctuellement à l’heure convenue. Je le soupçonne même d’avoir attendu qu’il fût exactement l’heure dite pour sonner.
─ C’est sympa d’être venu. Viens, je te fais visiter, et après on s’installe confortablement. Tu aimes le contemporain ?
─ Ça me surprend. Les peintures et les sculptures surtout. Chez mes parents c’est très XIX° siècle, capiton et passementerie, paysages romantiques.
─ On va faire un pacte si tu veux : tu vas être mon prof de musique et je serai ton prof d’art contemporain.
─ Tu vas avoir du mal.
─ Je crois que toi aussi.
─ Prof, je n’aime pas trop.
─ Tu as raison, moi non plus. J’ai employé le mot par facilité. Maître c’est trop prétentieux, précepteur vieux jeu et encore une histoire d’autorité, mono peut-être ? C’est plus jeune et ça fait moins pédago-je-sais-tout. Pas gentil mono ça fait Club Med.
─ Va pour mono.
─ J’ai préparé de la sangria, tu connais ?
─ Non, c’est quoi ?
─ C’est du vin rouge léger, sucré, dans lequel ont macéré des fruits, des oranges, des pêches, des pommes,… C’est doux, c’est frais, c’est bon. Tu veux goûter ?
─ Juste un peu, je ne bois pas d’alcool.
─ C’est ta religion qui te l’interdit ?
─ C’est par goût.
─ Tu ne t’es jamais saoulé avec des copains ?
-- Une fois j’ai trop bu. J’ai été malade. Et puis j’ai pleuré pendant des heures.
─ Tu as le vin triste ? Ou bien tu avais une bonne raison de pleurer ?
─ Oh oui !... Bon, je vais jouer un morceau.
Je compris qu’il n’en voulait pas dire davantage. Il sortit de sa housse cette forme aux courbes féminines et voluptueuses, prit délicatement l’archet et le porta deux fois à ses lèvres avant de régler les cordes de son instrument. Je m’étais assis par terre assez près de lui pour donner à la scène un petit air d’intimité. Il joua un air que je trouvai un peu austère, aux accents mélancoliques. Il avait un regard étonnamment lointain, non dépourvu d’une certaine tristesse. Jouait-il vraiment pour moi avec ces jeux dans le vague ? En tout cas son jeu me parut d’une rare qualité, habité par une sensibilité hors du commun. Pas virtuose, mais extrêmement nuancé et profond. Iony vivait sa musique.
Je le lui dis. Il rougit légèrement.
─ Je me sens en communion avec cette musique. J’ai l’impression de quitter ce monde et de retrouver une harmonie perdue.
J’avais le sentiment que ce garçon avait une personnalité hors du commun et qu’il me ferait peut-être découvrir des beautés insoupçonnées.
Quand il posa ses yeux sur moi pour l’au revoir, je fus surpris par la profondeur infinie de son regard. Il y avait dans ces pupilles noires quelque chose comme un trop plein d’âme qui me plongea dans le trouble. Je le laissai partir à regret, espérant déjà sa prochaine visite, dans quatre longues journées.
À suivre ...
22 août 2009
La phrase des records du jour
A-t-il remarqué, ce sympathique Usain Bolt, lorsqu'il est à vélo, que
"plus il pédale moins fort, moins il avance plus vite"
C'est une boutade de Coluche.
21 août 2009
119 Le monde de Iony ( 2° partie )
Physiquement mon cousin créole n’évoque pas un mannequin de Versace, mais je lui trouve une originalité, un type inhabituel, loin du côté mignon ou du charme irrésistible aux pièges desquels il est difficile de ne pas se laisser prendre. Peu importe qu’il ne réponde pas du tout à mes critères habituels, ces jeunes corps longilignes de nageur, ces muscles puissants mais fins et superbement dessinés, toujours en tension sous la peau, ces courbes nerveuses, et une petite frimousse à croquer. Rien que ça ! Ce n’est pas difficile de faire le portrait robot de son mec idéal : il serait brun, avec de beaux yeux noirs au regard de velours, de longs cils à faire pâlir les filles de jalousie ; il aurait une élégance naturelle et une humilité en dépit de sa beauté et de son pouvoir de séduction ; enfin, non pas enfin, surtout il serait intelligent et compréhensif, délicat et raffiné, affectueux et tendre, caressant et doué pour l’amour. On peut bien rêver, non ? Ça ne coûte rien de rêver, si l’on sait retomber dans la réalité sans se faire une double fracture, ni même un hématome, et surtout pas un bleu à l’âme.
De toute façon ces critères-là ne m’ont mené nulle part jusqu’à présent, alors remettons les pieds sur le sol, n’hésitons pas à pousser une petite pointe de bon sens en portant une attention à un élan de l’âme plus qu’à un élan du corps.
Iony, ce cousin s’appelle Iony, c’est un prénom inhabituel que je trouve très doux à prononcer, Iony me captive. Je ne sais pas vraiment pourquoi il m’attire, sans doute parce qu’il n’est pas comme les autres, parce qu’il ne ressemble à aucun des garçons que j’ai pu rencontrer.
Pas banal son physique ! Métisse, ça c’est sûr, mais à la peau claire, et douce, douce comme celle d’une fille, je l’ai senti quand nous nous sommes embrassés, sur les joues, normal entre cousins. Est-ce que les Réunionnais ont tous la peau aussi douce ? Il faudra que je lui pose la question. Il va sans doute rougir jusqu’aux oreilles car j’ai l’impression qu’il a une grande timidité concernant les appétits du corps.
Pas banal, disais-je, son physique, quelque chose dans les traits qui rappelle une aristocratie de vielle souche. Pourtant il n’y a pas de doute, il descend d’un black, d’un esclave. Peut-être a-t-il fait, comme le font passionnément beaucoup de Réunionnais, des recherches généalogiques. Ce serait très indélicat de lui poser maintenant la question. Je dois au contraire tout faire pour le mettre à l’aise.
Je ne peux m’empêcher de penser qu’il est peut-être le descendant d’un des naufragés du vaisseau l’Utile qui, en 1761, transportait une cargaison clandestine d’esclaves. Sans doute est-ce parce que je viens de connaître ce drame historique. On sait comment ils étaient choisis, les esclaves. On prenait les jeunes hommes les plus grands, les plus forts, bien bâtis, bien musclés, on allait même jusqu’à leur soupeser les roustons pour s’assurer qu’ils seraient de bons géniteurs. Par l’entêtement de son capitaine, le navire s’est fracassé sur un minuscule récif de corail perdu au milieu de l’océan Indien, harcelé par les ouragans. Les blancs ont réussi à fuir après avoir construit une embarcation à partir des restes de l’épave de l’Utile. Des 140 esclaves abandonnés là on n’a retrouvé que 7 femmes et un bébé, quelques quinze ans plus tard. Mais on sait que des hommes noirs ont tenté d’échapper à cet enfer sur des radeaux de fortune. Peut-être quelques-uns ont-ils réussi, dont l’ancêtre de Iony.
I
rène Frain raconte merveilleusement cette histoire vraie dans son roman Les naufragés de l’île de Tromelin.
Mais je m’égare. L’île Bourbon, maintenant la Réunion, était tellement éloignée dans l’océan Indien de ce petit bout de rocher corallien appelé du nom breton de Tromelin, qu’il est impossible qu’un survivant ait pu y accoster.
Iony est un garçon au corps long et mince, à la limite de la maigreur, qui se déplace avec souplesse et élégance. Il a une distinction naturelle, assez rare chez un garçon de cet âge, inspirant d’emblée de la retenue à qui aimerait tenter une certaine familiarité. Sa politesse génère une distance décourageant l’approche cordiale qui m’est habituelle.
Tout cela m’est un peu étranger et devrait tout au plus appeler de ma part un peu de curiosité. Eh bien je ressens beaucoup plus que de la curiosité, je ressens l’envie impérieuse de nouer un lien avec ce jeune.
À suivre ...
20 août 2009
La phrase d'un jour de canicule
A force de boire je me suis altéré.
19 août 2009
119 Le monde de Iony
Note de l'auteur:
Voici la première partie d'une séquence des Confidences d'Alex qui n'a pas sa place dans un blog réservé aux adultes, mais ma demande de changement de catégorie, il y a quelques temps, n'a pas aboutie.
Ce texte comporte neuf parties.
─ Bonjour mon cousin. C’est incroyable de te découvrir maintenant après avoir si longtemps entendu parler de toi.
─ Parler de moi ?
─ Oui, le cousin de la Réunion. « Tu sais que tu as un cousin à la Réunion, Alex ? », Me disait-on parfois. « Tu sais que tu as un cousin créole ? Il faudra que tu ailles le voir, un jour, faire sa connaissance ».
─ Et c’est moi qui suis venu.
─ Non, merci, je ne fume pas.
─ Moi non plus. On fait un peu exception, non ? Les d’jeuns fument beaucoup là-bas, à Saint Denis ?
─ Oui, pas mal. Mais pas moi. J’ai essayé une fois, j’ai été malade.
─ Attends, je vais chercher des flûtes de champagne.
─ Non, pas pour moi, prends-moi un jus de fruit
─ Oui
─ Tu ne pouvais pas les faire là-bas ? Tu as préféré te lancer dans l’inconnu ?
─ Il y a plusieurs raisons, la première est que là-bas c’est un peu folklo les études artistiques.
─ Tu veux devenir artiste ?
─ Musicien
─ Jazz, rock ?
─ Classique. J’ai été élevé là dedans, ma mère est pianiste. Ce que j’aime, c’est la musique ancienne et les instruments anciens, le luth, le clavecin, la viole. On ne trouve plus ces sonorités maintenant. La viole, par exemple, a une sonorité chaleureuse, un son plus doux et peut-être plus mélancolique que celui du violon, moins brillant que lui, mais plus élégant que celui d’un violoncelle, quelque chose de plus proche de l’âme, une expressivité à la fois plus raffinée et plus poignante.
─ Je vois que tu es passionné.
─ La musique, c’est le seul domaine où je me sente des aptitudes, et elle est ma béquille.
─ Quel genre d’étude peut-on faire en musique ?
─ Il faut que j’essaie d’entrer au conservatoire. Je suis déjà un peu trop âgé.
─ Tu joues de quel instrument ?
─ Du clavecin, et surtout de la viole, c’est plus facile à transporter.
À suivre ...
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