Confidences d'Alex

Chronique de la sexualité du jeune Alex. La sexualité ambigüe de son adolescence, ses inhibitions, ses interrogations, ses rêves, ses fantasmes, ses délires, ses aventures, ses expériences.

30 avril 2009

115 Le captif ( 13° partie )

« Et là je sursaute en rencontrant, non pas un tapis soyeux aux fines bouclettes enroulées sur elles-mêmes, ni un buisson de mousse au charme bucolique, mais un grouillement glacé de reptations entrelacées. Un nœud de vipères sifflantes, dressées pour le combat.                                   

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Se dissimulant dans les replis de ma folie, j’entrevois le stratagème de mon inquisiteur : me faire expier dans l’humiliation, la souffrance, la terreur, et jusqu’à la mort une faute impardonnable que j’ai commise. J’ai aimé dans la trahison, et ce nœud de serpents au bas du ventre de ce corps convoité est le double symbole de mon amour charnel et de ma trahison.
C’est un peu l’histoire de Pélléas et Mélisande, sauf que les trois protagonistes sont des garçons. C’est un drame de la jalousie, une jalousie exagérément imaginative et paranoïaque.
Mon ami Diego est plongé dans une profonde déprime à la suite de la découverte de sa séropositivité. Il ne comprend pas comment cela a pu lui arriver puisqu’il protège tous ses rapports sexuels. Il en veut à Dieu et au monde entier et crie vengeance. Cette obsession de la vengeance envahit tous les méandres de son cerveau. Il est psychiquement malade. Je suis un des rares, après les médecins, à pouvoir l’aider un peu, en raison du solide lien d’amitié que j’ai établi avec lui.
Mais voilà qu’une aventure inespérée fait palpiter à nouveau son cœur en berne.
Diego, c’est le prince Golaud, dans le roman de Pélléas et Mélisande. En chassant, il se perd dans les mystères et les fantasmes de la noire forêt et rencontre, sous une voûte étoilée de vents luminescents, la jeune Mélisande, égarée dans la forêt.
Mélisande, ici, c’est un jeune garçon un peu paumé, Zoran, que Diego ramène chez lui pour le tirer de la mouise, et dont il s’occupe avec une attention quasi maternelle. Il s’évertue à lui redonner confiance en son avenir, par un goût retrouvé de l’effort et de la persévérance. Evidemment il en tombe éperdument amoureux. »

À suivre ...

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29 avril 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau

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27 avril 2009

115 Le captif ( 12° partie )

« Est-ce l’effet de cet abominable cri inaudible, qui en dit beaucoup plus qu’un long silence, mais un scénario inattendu, et pour tout dire inespéré, vient agrémenter le cours de ma chute. Des corps nus voltigent tout autour de moi, en totale apesanteur. Ils sont magnifiques et m’attirent comme des aimants. Ils ont dans les yeux la prodigieuse démesure de l’infini, la profondeur féerique des champs de l’espace sidéral.

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Certains me frôlent et je suis alors parcouru d’un frisson d’érotisme cosmique. Je remarque tout spécialement le corps d’un noir qui est particulièrement bien fait, bien roulé, sculptural. Juste ce qu’il faut de muscles et de cambrure pour dessiner des formes à la fois incisives et délicates. Une peau cuivrée, mordorée, lisse et douce, délectable.          

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Depuis longtemps j’ai envie d’avoir un beau black dans mes bras. Depuis que je suis allé en Egypte, dans cette extrémité sud, longeant le Nil, qui fut la Nubie. Cette partie de la vallée du Nil qui a été en partie engloutie par le haut barrage d’Assouan est toujours habitée par des nubiens. Les nubiens sont noirs, et ils sont beaux. Grands, élancés. Corps sveltes avec de longues cuisses finement musclées. Taille fine et hanches étroites. Large épaules et buste harmonieusement sculpté. Ciselure racée des contours qui en dit long sur la fermeté des chairs. Un visage fin au nez droit, étroit, et des lèvres minces, illuminé par un sourire et des yeux rieurs. Des hommes ni athlètes, ni chasseurs, ni guerriers, beaux tout simplement. Tels étaient en tout cas ceux qui manoeuvraient la felouque qui m’emmenait découvrir le merveilleux temple de Philae. Peut-être leurs femmes sont-elles belles aussi. Quand les filles black se mettent à être belles, elles ont une allure féline et ondulante qui évoque irrésistiblement l’amour. Dommage qu’assez vite elles s’empâtent, s’enrobent et s’amollissent.
Au moment où il s’approche de moi, j’attrape le beau black par la main et l’attire à moi. Il se laisse faire et se met à l’horizontale sur le dos en écartant les bras et les jambes dans le vide. Encouragé par cette attitude d’accueil, par ce cadeau d’un corps entièrement dévoilé et offert, je m’enhardis à poser une main sur ses pectoraux et à descendre lentement les petits reliefs qui se succèdent jusqu’au nombril. Puis je parcours la douce pente du ventre jusqu’à la toison crépue, dont le noir d’ébène est parsemé de mille luisances. Et là ... »

À suivre ...

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24 avril 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau

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23 avril 2009

115 Le captif ( 11° partie )

« Malgré mon vertige je risque un regard vers le bas. La falaise de deux cents mètres de haut est hérissée d’excroissances de pierres pointues comme des épées, prêtes à embrocher tout corps venant à leur rencontre. S’il parvient à les éviter, le corps en chute est intercepté par des récifs belliqueux qui l’éclatent en mille morceaux. En dernier ressort, la percussion sur les flots tourbillonnant rageusement assure une dislocation complète et une dispersion des restes. Ils sont immédiatement absorbés par les poissons qui pullulent à cet endroit qui est leur salle à manger. Les ossements, roulés par les eaux furieuses sur les aspérités de la roche, finissent en beaux galets très recherchés pour la décoration des pots de fleurs. Après tout c’est plus sympathique et plus convivial qu’un cimetière.

Horreur ! Je m’aperçois qu’à chacun de mes mouvements, le crochet qui retient la cage se détend, c'est-à-dire s’ouvre un peu plus. Or ma position dans cette cage est devenue si douloureuse que je vais être contraint de changer de posture. Dès que j’aurai commencé à accomplir mon déplacement, la cage sera projetée dans le vide.
Le vide ! Mon regard  m’envoie ce vide en pleine figure. Je suis fasciné par ce vide, aspiré par cet espace de vacuité. Ma vie est suspendue à ce rien. A quoi se raccrocher dans ces conditions ?
J’en appelle alors à la folie, la démence qui crée l’illusion autour d’elle et procure d’agréables mensonges. La béance alors se déchire et s’ouvre sur l’invisible. Je me laisse tomber en chute libre jusqu’aux époques et aux régions les plus secrètes de moi-même.
Vais-je voir en quelques secondes se dérouler tout le fil de mon existence, et mesurer le poids de mes lâchetés, de mes compromissions, de mes jalousies, de mes méchancetés, de mes désirs de vengeance atroce. Vais-je avoir la révélation du sens symbolique de mon arrestation et de mon supplice ?
Le film débute en effet par une séquence du roman de ma vie : je suis dans le ventre de ma maman et je suis en colère parce que j’en ai marre d’être confiné dans cet espace exigu et frelaté. Les parois me transmettent toutes sortes de sons étranges et fascinants à la fois, venant d’un monde que j’ai hâte de connaître. Alors, je donne de furieux coups de pieds dans la cloison. J’entends la voix de ma mère mais je ne comprends pas ce qu’elle dit. C’est une voix douce et charmante, aimante, qui cherche à m’apaiser. Je sens un déplacement, puis une légère compression. J’entends un son, clair, limpide, puis un autre, puis d’autres qui s’enchaînent dans une sorte de grande courbe ondulante qui m’enlace et me berce, me calme et finit par m’endormir.

─ Quand tu étais trop agité dans mon ventre, me dit-elle un jour, je me mettais au piano et je te jouais une berceuse de Gabriel Fauré.

Mais le fil du récit se rompt et je perds pied dans la vacuité du néant.  Perdu aux confins de mon non-être, je pousse un démentiel hurlement silencieux qui fait trembler tout ce qui a perdu jusqu’à la mémoire de l’existence. »

À suivre ...

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22 avril 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau (14)

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21 avril 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 13 )

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20 avril 2009

115 Le cartif ( 10° partie )

« Je suis comme en dehors de mon corps. Je flotte dans le temps et dans l’espace sans pouvoir m’arrêter nulle part, ni à un fragment heureux de mon enfance, ni au moment de réaliser mon désir le plus cher.
Et puis brusquement, une déchirure. Une souffrance dans ma chair. J’ai retrouvé mon corps. Il est enfermé dans une cage faite de barreaux métalliques sur les six faces. Elle est trop petite pour que je puisse me relever et même étendre les jambes. Je suis recroquevillé là-dedans dans une position des plus inconfortables, d’autant plus que les barreaux me rentrent dans le dos, dans les côtes, dans les fesses.
Je m’aperçois que la cage cahote et se déplace. C’est alors que je me rends compte qu’elle est portée par quatre gaillards musculeux et tatoués.

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Ils me trimbalent à travers des escaliers qui montent et descendent, basculent et se renversent à donner le tournis. Impossible à quiconque, sauf à mon escorte, de trouver son chemin dans une telle incohérence spatiale.

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                                                                                      gravure de Escher
En dépit de l’irrationalité du lieu et de son architecture, nous arrivons au sommet d’une tour d’angle gigantesque, dressée au dessus d’une falaise surmontant des flots tumultueux. Là, mes convoyeurs accrochent ma cage à un crochet et, par un système de poulie avec lequel ils ont l’air d’être très familiarisés, la font coulisser jusqu’à l’extrémité d’une potence surplombant l’effrayant précipice. »

À suivre ...

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18 avril 2009

Un autre Pascal

N'est-il pas beau l'agneau de Pascal ?

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17 avril 2009

Pascal

J'espère que tu as passé de sympas fêtes de Pâques, cher lecteur.

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