Confidences d'Alex

Chronique de la sexualité du jeune Alex. La sexualité ambigüe de son adolescence, ses inhibitions, ses interrogations, ses rêves, ses fantasmes, ses délires, ses aventures, ses expériences.

31 mars 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 11 )

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30 mars 2009

115 Le captif ( 5° partie )

Ils arrivent n’importe quand, le plus souvent l’après midi. Ils sont toujours deux et jamais les mêmes. Ils me conduisent dans la cour, où je me précipite sur la fontaine et où le jeune Julien m’apporte ma gamelle, sans me dire un mot, sans entendre mes questions. Les gardes aussi ignorent mes questions : « Quand verrai-je le juge ? De quoi m’accuse-t-on ? J’ai droit à un avocat. Où sommes-nous ? » Ils me font comprendre, par des procédés de rustres, que je dois la fermer.
Malgré ma situation désespérée, je profite de cet instant dans la cour pour me laver dans la fontaine et goûter aux bienfaits du soleil.
Cependant je suis accablé de solitude au milieu de tous ces gens familiers qui me haïssent. La haine, c’est un sentiment que je n’ai jamais éprouvé. Mais je l’imagine très bien. Je la vois comme un gnome qui s’insinue à l’intérieur de toi et te taraude le cerveau jusqu’à ce qu’il soit saturé d’hostilité, de malveillance, de fiel, de venin ; jusqu’à ce qu’il te donne le goût d’exclure, de faire mal, de détruire l’Autre. « Avoir la haine » est hélas une expression en passe de se répandre dans mon pays la France. Je pense comme Konrad Lorenz que « la haine rend non seulement aveugle et sourd, mais incroyablement bête ». Alors je m’attends à subir les pires infamies, puisque la haine s’abat sur moi.

Ce matin ils sont venus beaucoup plus tôt que d’habitude. Ils avaient une panoplie très différente.

                      
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─ Debout, jeune homme.

J’ai tout de suite compris. Car les mots les plus innocents peuvent être les plus pernicieux. Ce « jeune homme », qui, à première vue est plutôt sympathique, parce qu’il évoque la jeunesse et son potentiel d’avenir, d’ardeur, de découvertes, d’aventures, de jouissances,… parce qu’il pointe ce seuil de la vie où tout est encore possible, où les obstacles sont franchis, quels qu’ils soient, en souplesse ou en force, où il n’y a pas de problèmes mais seulement des solutions… eh bien de ce « jeune homme » j’ai tout de suite su qu’il fallait se garder. J’ai senti son danger dans la bouche de matons qui ne m’avaient jamais adressé la parole. J’ai perçu cette pointe de condescendance en s’adressant à un être aussi vil que moi. Et puis un peu d’ironie à l’égard de quelqu’un à qui on ne doit aucune considération ni aucun respect, même le plus élémentaire. Quelqu’un qui mérite le sort cruel qui lui est réservé. Quelqu’un que l’on va bafouer sans état d’âme, que l’on va humilier, parce qu’on a la force, le pouvoir et la mission de le faire.
Je connais le revers des mots, même lorsqu’ils ne sont pas prononcés, leur perversité, leur aptitude à dissimuler la part d’ombre et de noirceur qu’ils cachent dans les creux de leurs consonnes et de leurs voyelles, leurs non-dits assassins, leurs desseins secrets.
Il n’y a pas de mot innocent. Les plus anodins peuvent être des tueurs redoutables.

À suivre ...

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28 mars 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 10 )

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27 mars 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 9 )

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26 mars 2009

115 Le captif ( 4° partie )

Mes yeux s’habituent à la luminosité et la première chose que je distingue est une fontaine au milieu de la cour. Mes gardes ont disparu. J’ai une toute petite sensation de liberté. Je me précipite et mets la tête sous un jet d’eau bienfaiteur. J’avais une horrible soif et c’est presque un instant de bonheur. Il me semble d’ailleurs que l’eau froide me rafraîchit un peu le cerveau. Quelques éclats de souvenirs émergent une fraction de seconde des fondrières de l’oubli, puis s’enfoncent à nouveau dans le marécage.
Je me relève, angoissé à l’idée que c’est peut-être l’équivalent de la dernière cigarette du condamné que l’on vient de m’offrir. Mais, surprise, à mes côtés, un jeune garçon. Je le connais ce jeunot. Je suis sûr de le connaître. Mais où l’ai-je donc connu, et qui peut-il bien être ? Cependant, si je le reconnais, c’est que le disque dur de ma mémoire n’est pas complètement effacé.
Sans doute perçoit-il mon interrogation et ma détresse dans le regard que je porte sur lui.

─ Je suis Julien, vous ne me reconnaissez pas ? Le fis du restaurant où vous veniez si souvent.
─ Ah Julien. Et que fais-tu ici ?

Il me tend une gamelle de nourriture, sur laquelle je me précipite, car la faim me tenaille.

─ Je n’ai pas le droit de vous parler, dit-il, et il se sauve en courant.

Julien. Le restaurant. Ça me dit quelque chose. Je vois passer quelques fantômes de ma mémoire, aussitôt évanouis.

Cette femme, là-bas, qui étend une lessive, silhouette empâtée et démarche de canard… mais, mais c’est Zania, mon aide ménagère. Je lui fais de grands signes. Elle m’ignore. Elle me tourne ostensiblement le dos. Me serai-je trompé ? Non, c’est bien elle. Elle vient d’avoir ce tic qui m’amusait toujours et que je traduisais par « elle se passe la main dans le dos ». Pourtant elle n’a aucune raison de m’en vouloir. Je la payais largement au dessus du smig, et je lui faisais régulièrement des petits cadeaux. Son attitude est incompréhensible. Quelle ingrate !

Et celui-là ! C’est grâce à moi qu’il a obtenu son boulot. Il était au chômage depuis plus d’un an et il est venu pleurnicher auprès de moi. Une femme. Trois enfants. Une petite maison payée au prix de privations et construite presque entièrement de ses mains, qu’il va devoir vendre pour continuer à nourrir sa famille. Je me suis décarcassé pour lui trouver un emploi. Je n’attends pas de reconnaissance. J’aime rendre service. Mais c’est bien connu que les gens que tu sors de la merde t’en veulent de ne pas avoir vaincu eux-mêmes la difficulté. Quand même, refuser de me saluer et foutre le camp quand je fais signe, c’est de la goujaterie. Pourtant les rôles sont inversés à présent. C’est moi qui suis dans la mouise. Ce serait le moment de jouer les bons samaritains et de prendre une revanche sur le prétentieux et suffisant sauveur que je fus.

Et toi, Aurélien, tu ne me connais plus non plus. Tu me rejettes comme les autres, toi qui clamais sans cesse ton amour et ta fidélité. Je sais bien que ceux qui déclament à l’envi leur fidélité sont souvent les plus volages, et c’est bien ce que j’avais décelé en toi dès le début de notre relation. Mais je crois que je t’aimais. Et j’espérais te garder longtemps à moi. Illusion. J’ai vécu souvent d’illusion. Je ne le regrette pas. J’ai ainsi vécu des moments plus intenses. Mais aujourd’hui je crois avoir perdu toutes mes illusions. Ma vie ne tient plus qu’à un fil. Et ce fil ressemble fort à une corde de pendu.
Tu étais un peu cabotin, Aurélien. Tu te vantais d’être le meilleur amant que j’aie connu. Je n’ai pas vraiment remarqué, mais tu étais intelligent et cultivé et converser avec toi était toujours un régal et un enrichissement. Jamais je ne me suis ennuyé avec toi, comme cela m’est arrivé avec bien des gens que j’ai rencontrés.
Tu m’as quitté pour un bel asiatique qui, j’espère, ne te décevra pas. Tu m’as dit « on reste bons amis ». Paroles de circonstances, qu’aujourd’hui tu renies en affichant ton profond mépris.

En parcourant du regard cette vaste cour intérieure, je m’aperçois que tous les gens de mon univers quotidien y pratiquent leur activité. Mes collègues de bureaux, les secrétaires, mais aussi mes relations de sport, mes amis… Tous m’ignorent, ou se détournent de moi, me fuient comme si j’avais une horrible maladie contagieuse. Faut-il que je me réjouisse que personne ne m’ait craché au visage ?

Une partie de ma mémoire m’a été restituée. L’angoisse de ma condition d’accusé, la douleur de ma situation de pariât, n’en sont que plus atroces. Mais je n’ai pas le temps de pleurer sur mon incompréhensible sort, les deux gardes m’empoignent et me reconduisent dans ma cellule.

À suivre ...

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25 mars 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 8 )

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24 mars 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 7 )

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23 mars 2009

115 Le captif ( 3° partie )

Je suis réveillé par un cliquetis métallique. En ouvrant les yeux, je vois pivoter la lourde porte de ma cellule et deux molosses se diriger vers moi. Je m’assoie sur ma couchette.                

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Corps de géants, têtes minuscules, harnachement de science fiction avec des épaulettes démesurées se terminant en pointes acérées, une tête de lion à la denture proéminente et au regard menaçant sculptée en relief sur le poitrail, des écailles métalliques agressives sur tout le reste du corps, armés d’une arme d’assaut en forme de courte lance. Les terrifiants matons m’empoignent par les bras et, sans un mot, me poussent dans un dédale de galeries sombres et sinistres.

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Je crois ma dernière heure arrivée. Mon cœur bat tellement vite qu’il me coupe la respiration. Je suis conduit non pas dans une salle de tribunal mais dans une vaste cour ensoleillée où je suis tout d’abord aveuglé par la lumière. Peut-être va-t-on me présenter à un tribunal populaire qui va lire l’acte d’accusation et, après un simulacre de procès, va demander au public de me juger coupable et de prononcer la sentence. J’ai tout à craindre du public et de son jugement. Rien de plus influençable, de plus malléable, de plus manipulable que le public. On lui forge son opinion à grands coups de rumeurs et de fausses informations et il est prêt à lyncher à mort ce que la veille il adorait. On ne connaît que trop l’histoire de Jésus, à qui le mécréant que je suis voue une admiration sans limite :

Caïphe, chef des prêtres juifs à Jérusalem :
─ Cet homme sème le désordre dans notre nation. Il faut le condamner.
Pilate, gouverneur romain :
─ Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. Je vais le châtier (c’est-à-dire le faire flageller. Brrrh !!!), puis le relâcher.
Et la foule, infiltrée et manipulée par les prêtres :
─ Crucifie-le, crucifie-le.

On sait ce qu’il est advenu.

À suivre ...

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21 mars 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 6 )

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20 mars 2009

Quand l'étoffe fait chanter la peau ( 5 )

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