Confidences d'Alex

Chronique de la sexualité du jeune Alex. La sexualité ambigüe de son adolescence, ses inhibitions, ses interrogations, ses rêves, ses fantasmes, ses délires, ses aventures, ses expériences.

14 novembre 2009

120 - Leçons de piano (dernière partie )


─ Hello, c’est moi. J’suis un peu en avance. Mais c’est quoi cette musique ? Tu aimes la techno maintenant ?
─ Viens Raphaël. Champagne. On danse. On fait la fête.
─ On fête quoi ? C’est ton anniversaire ? T’aurais pu me le dire, je t’aurais apporté un cadeau.
─ Le cadeau c’est toi, tu ne peux pas m’en faire de plus beau. Mais ce n’est pas mon anniversaire.
─ C’est ta fête alors ? Ou t’as gagné ce gros marché dont tu m’as parlé ?
─ Oui, j’ai gagné le gros lot. C’est ma fête et c’est aussi la tienne.
─ Allez, arrête de me faire marcher. C’est quoi ?
─ C’est que du bonheur.
─ Allez, Alex, dis-moi.
─ Aujourd’hui j’ai vu ton père. Nous avons parlé de toi.
─ Wouahhh !
─ Il est d’accord.
─ Ouais, génial ! Mais c’est incroyable ! Comment t’as fait ?
─ Ça à été dur, mais finalement il n’est pas si incompréhensif que tu le dis.
─ T’es génial Alex ! Dit-il, et il me sauta dans les bras.
─ Tu boostes à fond ton p’tit mec de première scientifique, même si tu n’aimes pas les maths. D’ailleurs ils te seront indispensables en musique. Tu as encore deux trimestres pour redresser la situation actuelle un peu déplorable il est vrai, en tout cas pas à le hauteur de ton intelligence. Pendant les vacances d’été tu vas à New York chez mon pote pour lui montrer ton talent. Tu reviens faire ton année de terminale et avoir ton bac avec mention, et tu repars à New York. C’est pas beau ça ?
─ Laisse-moi fêter ça à ma façon, dit-il en commençant à me déshabiller, tout en m’embrassant.
─ C’est bien la façon à laquelle je pensais.
Et moi aussi je me mis à le déshabiller.
Nous fumes bientôt nus et nous roulâmes enlacés sur l’épais tapis.

─ Wahououou… arrête Alex, tu m’excites trop, j’vais partir tout de suite.
─ Guide-moi. Je te laisse à la limite, le plus longtemps possible, c’est le meilleur… après tu exploses et c’est le néant.
─ Oui, ouiiiiii… hahahaaaa… Arrête. A moi maintenant. J’fais pas aussi bien que toi.
─ Mais si, t’es devenu un expert. Wahaaaaaaa… le bout de ta langue est magique. J’adore.
─ Viens, viens maintenant, je peux plus attendre.
─ Attends, je vais chercher le gel.
─ Viens comme ça.
─ Non, tu vas avoir mal. Bouge pas, je reviens.

J’allai chercher le tube de gel et je repris mes caresses pour le porter au sommet du désir.
Nous ne protégions pas nos rapports, car c’était inutile. J’avais passé un test de dépistage du VIH, qui naturellement s’était révélé négatif, et quand j’avais voulu le montrer à Raphaël il s’était écrié sans même le regarder :

─ J’ai totalement confiance en toi.
─ Mon p’tit, en dehors de moi, promets moi, promets-moi de ne jamais faire confiance.
─ Mais je ne veux pas être en dehors de toi.

Quant à lui, c’était une première fois.

─ Tu as le plus beau petit cul que j’aie jamais vu.
─ Je suis jaloux des autres culs que tu as vus.
─ Effacés. C’est le tien que j’aime, c’est toi que j’aime.

----------------

─ Alex
─ Oui ?
─ J’ai l’impression de ne pas être normal, j’ai toujours envie de faire l’amour avec toi. ─
Mais moi aussi, et je me trouve tout à fait normal.
─ C’est d’être obligés de se cacher pour s’aimer qui n’est pas normal.
─ Patience Raphaël, tous ces projets c’est pour pouvoir vivre ensemble plus tard, au grand jour.
─ Plus tard ! En attendant je suis sevré. On se voit deux ou trois fois par semaine, on fait l’amour en cachette, en vitesse, ça te suffit à toi ? J’aimerais tant rester toute une nuit avec toi. J’aimerais tant faire l’amour en continu avec toi.
─ Malgré ton ardeur tu serais vite épuisé. Et puis le manque est infiniment plus stimulant que la saturation. Moi aussi je suis en manque de toi. Toujours.
─ Merde ! T’as vu l’heure ? Il faut que j’me tire.
A jeudi.
Aujourd’hui, c’est la plus belle leçon de piano que tu m’aies jamais donnée.

FIN

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13 novembre 2009

Intermède : couple 9

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12 novembre 2009

Intermède monstrueux

J'ai appris que la France de Sarkozy était "monstrueuse", aussi ai-je l'intention de m'expatrier. Mais faut-il choisir l'Allemagne comme Ndiaye ? Le niveau de "monstruosité" m'y paraît équivalent.

Non, je trouve qu'il faut aller vivre au Soudan par exemple, au Darfour en particulier, ou au Tchad... Mais je pense aussi aux douceurs de la Corée du Nord, à la mansuétude des Chinois, au merveilleux idéal des Talibans... j'en passe et des meilleurs.

Histoire de se faire rapatrier d'urgence et de réviser son vocabulaire.

Voyons Ndiaye, pour un Goncourt les mots ont-ils un sens ?

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10 novembre 2009

120 - Leçons de piano ( 12° partie )

Devais-je m’infliger un châtiment pour une telle déviance, fut-elle inconsciente ? Porter un silice ? Foutaise ! Il fallait que je trouve à donner un avenir à cette liaison pour l’instant irresponsable. Irresponsable mais passionnelle.
L’idée qui me trottait dans la tête depuis un petit moment s’imposa comme une nécessité. Je pris mon téléphone et appelai un vieil ami à New York, qui avait été mon prof de musique avant de partir faire carrière aux states. Une brillante carrière.

─ Raphaël, il faut que je parle à ton père.
─ Ça va pas ? T’es malade ? T’es dingue ! Il va me faire enfermer chez les jésuites et toi tu auras un procès sur les bras pour détournement de mineur. C’est ça que tu veux ?
─ Non, tu n’y es pas du tout. Tu ne m’as pas compris. J’ai un plan.
─ Mais tu peux pas discuter avec mon père. Il est buté. Jamais il n’acceptera un de tes plans. Il a son plan à lui, bien enfoncé dans son crâne.
─ Il y a un point important que tu négliges : il t’aime.
─ Parfois j’en doute !
─ Moi j’en suis sûr, et c’est là-dessus qu’il faut jouer. Jouer serré j’en conviens.
─ C’est quoi ton plan ?
─ Te faire partir à New York.
─ A New York ! Mais pour quoi faire ?
─ De la musique.
─ Alors c’est perdu d’avance.
─ Pas si sûr.
─ Alors on se verrait plus ? Tu veux m’éloigner de toi ?
─ Mais non bien sûr, au contraire c’est pour te garder.
─ Explique.
─ Voilà. J’ai un très bon ami à New York, Lilian Manfernet, qui organise des concerts de musique classique aux Etats-Unis. Pas n’importe où, au Carnegie, au Lincoln Center, au Metropolitan,… Il côtoie le gratin des grands chefs d’orchestre et des grands interprètes. Il pourra t’introduire dans le milieu, s’il estime que tu as les capacités de devenir un très bon pianiste, ce que je crois.
-- Comment le saura-t-il ?
─ Tu vas y aller. Il t’écoutera jouer.
─ Et si je rate ?
─ Il faut toujours partir gagnant.
─ Et après ?
─ Après tu reviens, tu travailles à fond la caisse au lycée, tu passes brillamment ton bac, puis tu retournes à New York où il te prend en main. Attention, c’est une façon de parler, il n’est pas question de libertinage, il est homo mais il a l’âge d’être ton grand père. Il vit seul dans un grand appartement à Battery Parc, au bord de l’Hudson, et il a deux chambres de bonne qui ne lui servent à rien. Il t’installe dans l’une d’elles, t’inscrit aux cours de profs de musique réputés, et tu bosses, tu bosses, tu bosses. Le moment venu il te fait passer des concours, nationaux, internationaux… et puis tu deviens une vedette.
─ Arrête, tu te fous de ma gueule.
─ Mais je suis très sérieux Raphaël !
─ C’est trop beau !
─ Il n’y a rien de trop beau que je ne puisse tenter pour toi.
─ Mais on sera séparés.
─ Réfléchis. De toute façon, après ton bac tu dois partir faire des études, tu ne vas pas rester dans ce trou. Alors, quoi qu’il arrive on sera séparés. Mais tu te rends compte des grandioses retrouvailles qu’on aura ? Et tout ce qu’on aura à se raconter ? Et toutes les caresses perdues qu’il faudra rattraper ? Et puis on ne perdra jamais le contact : mails, textos, téléphone…tu m’enverras des enregistrements de tes interprétations…
─ C’est génial !
─ Non, c’est toi qui es génial.
─ Et tu comptes faire gober ça à mon père ?
─ De la diplomatie, un peu de psychologie, un zeste de flatterie… fais-moi confiance et je ferai de mon mieux. Mais tu me promets de bosser à fond au lycée ?
─ Oui, je te le promets. Avec une perspective pareille ce ne sera pas bien difficile.

À suivre ...

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08 novembre 2009

Intermède : couple 8

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06 novembre 2009

120 - Leçons de piano ( 11° partie )

Hélas, il fallut aussi que je fasse un cauchemar. Ce fut atroce car mon sentiment de culpabilité en fut renforcé.
Je frémis encore en évoquant des images que je ne parviens pas à oublier. Rien dans notre relation n’autorisait ainsi mon inconscient à maltraiter mon élan amoureux, à mettre tant d’ardeur à nourrir mon tourment. Je voulus me convaincre que ce n’était qu’une résurgence des mots que j’avais lus quelques jours auparavant, dans ce roman de Marguerite Yourcenar, L’œuvre au noir. Ce passage où le héros, Zénon, tombe dans les mains des suppôts de l’Inquisition et se retrouve en prison. L’acte d’accusation porte alors, entre autres motifs, sur sa prétendue relation avec les « Anges ». C’est un quarteron de jeunes moines novices qui s’étaient offert, en de secrets rendez-vous nocturnes dans une ancienne chapelle du monastère, désaffectée et partiellement en ruine, une sorte de paradis. Au cours de cérémonies proches d’anciens rites païens, ils s’adonnaient aux délices de la chair.
Le geôlier de Zénon, à la langue trop bien pendue, lui raconta avec complaisance et par le menu, le supplice des « Anges », évidemment condamnés au bûcher pour outrage à Dieu.
On sait à quel point la foule est avide du spectacle des horreurs que l’homme peut faire subir à son prochain, souvent au nom d’une croyance en un dieu bon, fraternel et miséricordieux. On l’a vu chez les romains avec le martyre des premiers chrétiens, déchiquetés par les fauves dans des amphithéâtres pleins à craquer. On l’a vu au XVI° siècle dans l’Europe chrétienne avec les bûchers de l’Inquisition, c’est l’époque dont parle L’œuvre au noir. On le voit encore de nos jours lors des châtiments publics, en Iran par exemple, pendaisons, flagellations, amputations.
Pour augmenter l’intérêt du spectacle et porter l’excitation morbide de la foule à son paroxysme, raconta le geôlier, on avait lié l’un des suppliciés au poteau par une longue chaîne. Embrasé, il s’était mis alors à courir en tous sens pour tenter de s’échapper. Jusqu’à ce qu’il s’écroulât, face dans les braises.

Le supplice de Raphaël fut d’une tout autre nature. Je ne le vis pas sur un bûcher en train de se tordre comme un asticot en hurlant sa douleur. Je ne le vis pas se faire mettre en lambeaux par un lion, dans des giclées de sang dignes des films d’horreur les plus gores. Pas non plus se faire fracasser la tête par une batte de baseball comme dans le dernier film de Quentin Tarentino. Il était en prison, dans une de ces prisons qui font comparer notre univers pénitentiaire à celui du tiers monde (voir les rapports de l’OIP, Office International des Prisons). Une prison sinistre où suintaient partout la crasse et le péril. Une prison où les détenus étaient entassés dans des cellules lugubres. Cette promiscuité engendrait des tensions qui électrisaient un air irrespirable, des conflits résolus par la violence, mais aussi de coupables complicités. Dans la cellule de Raphaël, six hommes de tous âges et de toutes corpulences. Dehors l’orage. Malgré la petitesse du fenestron, les éclairs éclairaient le mitard comme jamais. Une chaleur accablante. Les hommes étaient en sueur. Sous pression. Silencieux. Inoccupés. Seul le plus jeune, Raphaël, était en train de lire une BD érotique très appréciée des taulards. Soudain, sans que rien ne parût déclencher l’agression, le plus vigoureux des prisonniers se précipita sur Raphaël. Celui-ci, surpris, tenta de se dégager. Il se débattit tant et si bien qu’il donna un violent coup de tête à son adversaire et lui éclata la lèvre inférieure.

─ « Tu vas me payer ça petit morveux. Je vais t’enculer. » Eructa l’agresseur maculé de sang.
C’est alors que les autres, allumés par ce mot, et par l’odeur du sang alléchés, se souvenant tout à coup de leur sevrage, et de la douleur de leur virilité contenue, s’élancèrent pour prêter main forte à l’attaquant. Ils empoignèrent Raphaël et le transportèrent sur la table où ils lui arrachèrent son débardeur. De plus en plus excités à l’apparition de la peau nue du garçon, ils s’attaquèrent à son pantalon, qui vola par-dessus les têtes. Restait le slip, dont les élastiques ne résistèrent pas longtemps à la poigne et à l’avidité des assaillants. Ils mirent la victime, complètement dénudée, en position sur la table, dos plaqué, jambes levées maintenues écartées, l’horrible séance de viol pouvait commencer. Le grand escogriffe baissa son froc et libéra un dard visiblement au bord de l’apoplexie. Les supplications, les pleurs et les hurlements de douleur de l’objet sexuel semblèrent redoubler l’intensité de sa bestiale jouissance.

─ Au suivant !

L’horreur culmina lorsque je m’aperçus que j’étais le suivant.

Je me réveillais en nage avec le sexe complètement bandé.
Couvert de sueur, je me sentis aussi couvert de honte.

À suivre ...

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04 novembre 2009

Intermède automne

Cette fois c'est bien l'automne.
Il pleut, il vente, les feuilles s'envolent et se collent n'importe où.

                    Automne

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03 novembre 2009

120 Leçons de piano ( 10° partie )

Bien sûr il apparaissait aussi dans mes rêves.
Tantôt nous étions au paradis, dans un paysage immense à la végétation luxuriante, un peu comme sur ce grand tableau de Nicolas Poussin intitulé Le printemps ou Adam et Eve au Paradis. En l’occurrence j’étais Adam et il était l’ange magnifique, parangon de beauté, et très sexué, je suis catégorique là-dessus, qui venait me faire goûter, non pas au fruit défendu, mais à l’élixir d’amour. Je bus goulûment ce breuvage magique mais, à ma grande surprise, fus aussitôt transformé en serpent. Ce n’était pas un serpent venimeux, plutôt une longue couleuvre langoureuse. Je m’enroulai voluptueusement autour de l’ange, de sa jambe d’abord, puis de sa cuisse, passant ensuite entre ses boules d’amour en les soulevant légèrement, et gagnant ce cheminement naturel, garni d’une pilosité soyeuse, entre les fesses. Je poursuivis mon étreinte autour de sa taille fin et déliée en glissant délicatement sur le doux duvet de son ventre, atteignis les seins, les aisselles et le cou, la belle tête auréolée d’un anneau de tendresse, puis je m’arrêtai aux lèvres sur lesquelles je déposai mon offrande.
Au réveil je paniquai un peu d’avoir été transformé en serpent. N’étais-je pas, en effet, le tentateur malveillant, l’ambassadeur maléfique, l’émissaire pervers qui était chargé de voler, par ce subterfuge, la jeunesse et la virginité de cet ange Raphaël, et de le plonger dans le stupre et la fornication ?

Une autre fois je m’introduisis à l’intérieur de son corps. Non, non, pas de la façon qui te vient à l’esprit et qui se manifeste par une lueur grivoise dans ton regard. Tout entier à l’intérieur. Oui, c’est possible de rentrer complètement dans un corps qui n’est pas le sien, mais sans doute faut-il avoir des affinités particulières avec le corps de l’autre pour réaliser cette prouesse. Cette exploration du dedans, loin d’être oppressante, procure une jouissance permanente.
Je m’étais souvent demandé comment était la beauté vue de l’intérieur, comment était son envers en quelque sorte. Ne pas confondre avec son contraire. Son contraire c’est la laideur, c’est bien connu, et très répandu. Mais de son envers personne n’a jamais parlé et cela reste un mystère. Eh bien je peux révéler que la splendeur de l’intérieur de la beauté est indescriptible tant elle dépasse notre vocabulaire. Rien à voir avec ces vidéos médicales ou ces imageries à résonance magnétique qui vous promènent dans les organes du corps humain, bien que, quelquefois, il y ait de fort belles images. Les appareils qui enregistrent ces images ne sont que des mécaniques dépourvues d’émotions et se sentiments, dépourvues de cœur. Ils ne peuvent avoir ce regard amoureux que j’ai moi. Et ce que je vis fut un enchantement, pour les yeux, mais aussi pour les oreilles car j’entendis une musique sublime, qu’aucun enregistrement, aucune transcription ne pourront jamais restituer, qu’aucune partition ne pourra jamais égaler parce que c’est une musique qui n’utilise aucun des instruments à cordes, à vent, de percussion, ou électroniques connus à ce jour. Elle joue divinement avec les harmoniques des cils vibratoires des muqueuses et elle est directement induite par les muscles du cœur sans passer par les neurones de système nerveux. J’entendis aussi un chant, qui n’était pas celui de la voix humaine, mais dont le timbre et la mélodie m’entraînèrent dans l’éther illuminé de scintillantes étoiles.
Au réveil j’eus l’humeur ensoleillée par cette fascinante découverte et je me sentis débordant d’énergie et d’amour.

À suivre ...

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01 novembre 2009

Intermède: couple 7

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30 octobre 2009

120 Leçon de piano ( 9° partie )

Voilà. Je ne peux plus revenir en arrière. Nous avons donné libre cours à notre amour. Nous nous sommes dit les mots les plus tendres. Nous nous sommes jetés dans les caresses à en perdre la raison. Nous avons laissé exploser nos cœurs et nos corps, qui avaient tant et tant à se dire…
Pourquoi alors suis-je si désemparé ? A la fois heureux et terriblement tourmenté ?
En fait j’ai un terrible sentiment de culpabilité.
Coupable, je me sens coupable d’amour.
Pourquoi cette culpabilité ? Parce qu’il a seize ans, qu’il est lycéen, que je l’ai laissé s’amouracher de moi, et que je me suis laissé aller à l’aimer, moi, le type professionnellement installé qui a largement passé la trentaine. Où vais-je l’emmener, ce gamin ?

J’ai bien tenté d’étouffer cet amour que je sentais naître en moi. Non, il ne faut pas mentir, je n’ai pas tenté grand-chose. Je devrais plutôt dire que j’en ai été complice. Les considérations morales ont fait long feu face aux assauts incontrôlables des sentiments, et leurs résurgences n’ont été que passagères. Quant aux repoussoirs que j’ai essayé de mettre devant ce corps tant désiré, ils étaient voués à la défaite. Je me suis naïvement mis à me complaire dans les descriptions des alchimies internes de ce corps convoité, dissimulées par cette peau si fraîche et si appétissante. Me les décrire jusqu’au dégoût. N’ai-je pas visionné jusqu’à la nausée les transmutations qui s’opéraient dans son estomac et ses intestins. Tous ces cadavres d’animaux et de végétaux qu’on appelle nourriture, qui, certes, donnent de la matière vivante et de l’énergie, mais se transforment aussi en boue brune malodorante, moulée en cylindres qui sortent en se lovant et fument encore des cuissons subies dans les boyaux. Les officines dirigent l’autre partie de l’inutile des digestions vers la vessie qu’elles remplissent d’un fluide ammoniaqué et nitré, moins puant que la purée postérieure mais néanmoins repoussant. Je passe rapidement sur les autres excrétions du corps peu ragoûtantes, comme la morve et la sueur. Pourquoi faut-il que les régions du corps les plus agréables à fréquenter soient celles où siègent les puanteurs ? Pourquoi les zones les plus érogènes sont-elles celles qui font office d’égouts ?

Rien à faire. J’avais beau inventer les images les plus sordides, les plus répugnantes, convoquer les odeurs les plus vomitives, rien ne parvenait à m’empêcher de désirer cette chair en plein épanouissement. C’était devenu une évidence : j’étais amoureux et je m’interdisais de l’être tout en sachant que je succomberais à cette tentation de l’amour.
Il suffisait que je le voie pour que mes bonnes résolutions fondent comme neige au soleil. D’autant plus que j’avais remarqué que je ne lui étais pas indifférent du tout, et qu’il ne venait pas seulement pour jouer sur mon Steinway et recevoir quelques encouragements. Il s’était établi entre nous une connivence qui allait bien au-delà de l’entraînement musical.
Il suffisait qu’il rentre chez lui pour que je me mette à m’interroger, non sur le bien-fondé de ces leçons de piano, mais sur l’aventure dans laquelle je risquais de le plonger si je donnais libre cours à mes pulsions sentimentales et qu’elles étaient, comme je le pressentais, reçues avec toute la fougue de la jeunesse. Et puis tout simplement je m’apercevais que je ne pouvais pas me passer de ses visites.

À suivre ...

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